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Hautes-Vosges: le Herrenberg
Coin paisible, si l'on prend la décision de quitter les abords de la route des Crêtes. Mais on ne trouvera de toutes façons jamais foule par ici. Les chemins de randonnée ne font que traverser rapidement la chaume, et les quelques sentiers qui permettent de s'éloigner du parking ne conduisent pas vers des itinéraires de belle grande balade. Tant mieux. Après quelques centaines de mètres, on arrive dans un endroit où les hêtres, battus par les vents d'ouest dominants sur la crête dégagée, s'étirent littéralement vers l'est, adoptant des formes pour le moins étranges, tantôt disproportionnées, tantôt gracieuses.
En continuant encore quelques centaines de mètres plus loin, se dressent mes deux "préférés". Au milieu d'une prairie, en bordure de la forêt, ces deux hêtres sont majestueux. Je ne me lasse pas de photographier leurs silhouettes parfaites. Visiblement vieux, ils racontent tous deux l'histoire suprême de la crête. La violence des tempêtes d'automne et d'hiver, les amas de givre qui font ployer leurs branches au plus profond de l'hiver. Ils racontent également le froid glacial qui les saisit, et fait craquer leur puissante ossature, la longue attente du printemps, la patience dont il faut s'armer là-haut, pour affronter ces longs mois d'hiver.
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